Angel Vergara

Angel Vergara, Courges, 2012

Angel Vergara

Mieres, 1958

Vit et travaille à Bruxelles

Angel Vergara a entamé la série de peintures dont est extraite Courges après sa participation à la 54e Biennale de Venise en 2011.

L’artiste y exploite un genre convenu, la nature morte, et des sujets simples tirés de la vie quotidienne ; on peut les lire comme une réaction au caractère d’analyse sociétale dont se réclamait l’exposition présentée au Pavillon belge des Giardini sous le titre Feuilleton.

Définition
Vergara Courges Low def

Courges (bureau Présidence – 1er étage Hôtel du Greffe) huile sur toile sérigraphiée 175 x 310 cm 2012

Il faut reconnaître les qualités purement plastiques de la peinture, sa force et son élégance notamment induites par l’ampleur du format presque cinémascopique. Elles font naître une atmosphère marquée par une densité poétique appuyée sur la sensibilité formelle des motifs, lesquels semblent flotter sur le fond neutre. D’une réalité commune, Angel Vergara crée un monde extraordinaire.

Ici, la nature morte ne draine aucune dimension symbolique. L’œuvre ouvre pourtant sur une stratification de sens ancrés à son processus d’élaboration. Ce dernier recèle un paradoxe fécond. En effet, l’exécution du tableau s’inscrit d’une part dans une compréhension très classique de la peinture sur toile et, d’autre part, dans un protocole exclusif. Angel Vergara travaille au départ de l’observation de courges installées dans son atelier qu’il filme en positionnant entre la caméra et son sujet une plaque de verre sur laquelle il peint l’image des plantes.

« Je cherche, explique l’artiste, à reporter la sensibilité des motifs qui s’inscrivent sur la vitre. La peinture s’accumule et le motif apparaît par touche comme une irruption de la matière. Il y a un rapport particulier entre l’émotion et la pensée. Le réel s’y trouve davantage rapporté que reproduit. La caméra enregistre l’action. On voit ma main et l’évolution de ce que je fais. La peinture devient un film et inversement. Les réalités s’entremêlent. Il y a un rapport au mouvement, au temps et tout un questionnement sur le statut des signes dans la peinture, sur leur ambiguïté et sur leur possible instabilité. Ce processus me permet aussi de disposer d’une réserve d’images. J’en retiens une qui est sérigraphiée sur une grande toile sur laquelle je reviens avec de la peinture à l’huile. »

Texte de M. Pierre Henrion

Définition