Stéphan Balleux

Stéphan Balleux, Le métier des arts, 2010

Stephan Balleux

Buxelles, 1974

Vit et travaille à Bruxelles.

Le métier des arts fait partie d’une série entamée en 2008 et intitulée Cipher, « énigme » en anglais. Stephan Balleux y exploite des images documentaires, ici celle d’une geisha extraite d’un film de Seijun Suzuki et reproduite dans l’ouvrage de Jasper Sharp, Behind the Pink Curtain qui explore le cinéma érotique japonais.

Tous les observateurs de l’œuvre de Stephan Balleux relèvent la maîtrise technique de la peinture à l’huile. L’artiste déclare y trouver un moyen d’inviter à « entrer » dans ses tableaux. 

Sa prédilection pour les grands formats participe de la même volonté ; elle permet d’obtenir une confrontation physique avec le regardeur qu’ici la geisha semble toiser. Même chose pour la grisaille : outre le traitement spécifique de la lumière et de l’écriture picturale, le noir et blanc favorise, selon Balleux, l’exercice de l’imagination du regardeur qui peut inventer les couleurs. Il y a aussi les zones de flou : les coups de pinceau sont estompés au moyen d’un blaireau qui adoucit le tracé et fond les surfaces peintes ; en définitive, l’exécution est peu visible et, là où il n’y a pas d’information, le cerveau en crée.

Définition
Stéphan Balleux low def

Le métier des arts, huile sur toile 240 x 170 cm 2010 - Installé dans l'inter Atria au rez-de-chaussée de l'Hôtel de Ligne.

« Le métier des arts, c’est le travail de la geisha qui divertit ses clients de toutes les manières imaginables mais avec distinction, explique l’artiste. Le caractère violent et sensuel du film de Seijun Suzuki est toujours perceptible même si j’ai remplacé une tête coupée à l’avant-plan par une trace de peinture. On peut lire cette tache comme une forme abstraite. Elle apporte du mystère. Je pense que beaucoup de personnes y projettent quelque chose qui échappe à mes intentions. Alors que le contrôle sur la peinture semble important, il y a une part de lâcher prise lequel confère un rôle essentiel à l’imagination. C’est aussi la leçon des surréalistes. Je détourne des images préexistantes dans une démarche proche du collage. On peut encore reconnaître une allusion à la façon dont les architectes du Bauhaus dessinaient leurs projets dans le motif du paravent, qui évoque la peinture abstraite géométrique des avant-gardes de l’entre-deux-guerres. »

Texte de M. Pierre Henrion

Définition